Truck Turner, de Jonathan Kaplan, avec Isaac Hayes, en projection gratuite au Pôle Etudiant

Pour la dernière projection de la saison, Accès au cinéma invisible vous invite à une projection-concert au Pôle étudiant qui va envoyer du bois!
Truck Turner (USA, 1974, 91 min), de Jonathan Kaplan, avec Isaac Hayes, Yaphet Kotto, Nichelle Nichols, Dick Miller et Scatman Crothers
Isaac Hayes est Truck Turner, un chasseur de prime implacable de Los Angeles. Après une fusillade qui entraîne la mort d’une de ses cibles, il sera l’objet d’une véritable vendetta lancée par le milieu de la prostitution.
Réalisé par Jonathan Kaplan (Over the Edge), Truck Turner est un pur film de Blaxpoitation, genre cinématographique des années 70 dont le film Shaft est aujourd’hui le plus emblématique. La Blaxploitation a connu un regain d’intérêt à la fin des années 90, avec un hommage de Tarantino sous la forme du film Jackie Brown, et un remake de Shaft, avec cette fois-ci Samuel L. Jackson dans le rôle-titre.
Ces films étaient des séries B (films à petit budget destinés à un public indulgent, mais cela n’empêche pas le talent…) qui, comme leur nom l’indique, exploitaient un genre, celui du film Noir, avec comme protagonistes des afro-américains. Ainsi, cette mouvance comportait également un fond politique et de revendications sociales.
Truck Turner est l’un des meilleurs représentants de ce genre: Isaac Hayes, musicien oscarisé justement pour la bande-originale de Shaft, tient ici le premier rôle. On retrouve aussi Yaphet Kotto (Alien, Vivre et laisser mourir), en méchant maquereau, et Nichelle Nichols de la série Star Trek originale (Uhura), véritable symbole de l’émancipation des afro-américains à la télévision.
Aujourd’hui, le film est tombé dans un relatif anonymat et mérite bien une séance, afin de le redécouvrir et d’aborder ce genre révolu mais d’une grande influence.
La projection sera la dernière de notre programmation pour la saison 2012-2013, ce sera alors l’occasion pour nous tous de fêter cela. La projection aura lieu à partir de 19h30, et sera suivi d’un mix musical autour des bandes-originales des films de la Blaxpoitation, avec des sets des DJ nantais Blacksad et Tom Select.
Venez nous rejoindre pour fêter dignement cette année remplie de découverte de films méconnus!
Dillinger, de John Mllius, en projection gratuite au Lieu Unique

Pour la première fois en partenariat avec le Lieu Unique, Accès au cinéma invisible vous invite à déguster un film oublié.
Dillinger (USA, 1973, 107 min) de John Milius, avec Warren Oates, Ben Johnson, Michelle Phillips, Harry Dean Stanton, Richard Dreyfuss, John P. Ryan et Geoffrey Lewis.
Au début des années 1930 aux Etats-Unis, John Dillinger (Warren Oates) est l’un des plus grands braqueurs de banques du pays. Violent, sauvage et volcanique, lui et sa bande se distinguent néanmoins en ne faisant jamais de victimes lors de leurs casses, échappant ainsi à la qualification de crime fédéral, passible de la peine capitale. Mais après un hold-up sanglant et désastreux, John et ses comparses se retrouvent pourchassés par les fédéraux et notamment par Melvin Puvis (Ben Johnson), un inspecteur cruel et revanchard, qui a juré de fumer un cigare sur le cadavre de chacun des criminels.
Dillinger est le premier long-métrage d’une figure sulfureuse du cinéma américain, John Milius, scénariste, notamment, d’Apocalypse Now et de l’Inspecteur Harry (non crédité) ainsi que réalisateur de Conan le Barbare. Personnalité connue aux Etats-Unis pour ses prises de positions politico-philosophiques baroques, surfeur ultra-conservateur féru d’armes à feu et adepte de l’anarchisme bouddhiste (?), John Milius a directement inspiré le personnage de Walter Sobchak joué par John Goodman dans The Big Lebowski des frères Coen, dont il est l’ami.
Très brutal, Dillinger s’inscrit clairement dans la lignée de la Horde Sauvage et du cinéma de Sam Peckinpah. Il n’est donc pas étonnant de constater que cette vision de la vie du braqueur le plus célèbre de l’histoire des USA est à l’image de son réalisateur: violente et sans concession. Le personnage de Dillinger est ici immensément moins glamour et romantique que dans la version de 2009 avec Johnny Depp, Public Enemies, qui reprenait la même trame, ce qui le rend d’autant plus crédible.
Le contexte social de cette période de grande pauvreté aux Etats-Unis, qui fut le terreau de la fascination pour un John Dillinger surnommé ”Robin des Bois moderne”, est ici moins abordé que les thèmes de la vengeance personnelle et de la frustration du représentant de la loi (incarné par Melvin Puvis) à ne pouvoir rendre justice sans la contourner. On retrouve ainsi une problématique illustrée dans l’Inspecteur Harry.
Ce premier film d’un homme important du cinéma américain est relativement tombé dans l’oubli, c’est pourquoi Accès au cinéma invisible vous en propose la projection. La séance sera gratuite!
Article du Magazine Rosebud sur Accès au Cinéma Invisible
Voici un article sur notre association dans le magazine du Katorza, Rosebud, nous sommes desormais élevé au rang de Citizen K!

